lundi 27 avril 2009

Entre 1940 et 1945

Pendant les années de 1940 à 1945, au moins, il était très difficile de se procurer des fournitures scolaires, des vêtements, des chaussures, des livres, des cahiers, etc.

La difficulté de se procurer des fournitures scolaires se ressentait, même, à l’école, surtout, pour les livres pédagogiques et les cahiers, il ne fallait rien gaspiller.
Pour recouvrir nos livres scolaires ou nos cahiers, il y avait une sorte de papier bleu, assez difficile à se procurer sur lequel nous marquions les en-têtes avec de l’eau de javel, d’autres récupéraient des fonds de papiers peints d’avant guerre pour les mêmes usages.

Mon père, maçon-cimentier, me récupérait les feuilles grises des sacs vides, de ciment.
En effet, les sacs de ciment se composaient de cinq ou six épaisseurs de papier assez fort, et les feuilles intérieures ( 2 ou 3 ) étaient propres et nous servaient pour recouvrir nos livres ou nos cahiers d’école. Avec la pénurie, nous nous devions d’y faire très attention.
De toutes façons nous étions tenus d’apporter le plus possible de papier pour que l’école puisse avoir, en échange, des livres scolaires aussi, nous n’avions pas beaucoup de livres neufs par an, Il n’était pas question d’en changer à chaque scolarité.
Je me souviens d’un très bon copain, Jacques Boulanger, que j’ai revu il y a quelques années, dont le père travaillait à l’Union des Peintres et qui amenait à l’école des monceaux de chutes de différents papiers peints.

Toujours dans le cadre de la pénurie de matériaux, métaux ou autres, il fallait récupérer les quelques cartons d’emballages, bouteilles vides, douilles d’ampoules, le cuivre, l’aluminium, les papiers, etc. Et ainsi avoir des tickets de rationnement pour tenter d’acheter, à nouveau, des produits ou des fournitures familiales ou autres choses, à condition d’en trouver dans les magasins,….peu fournis, peu approvisionnés.
Les classes étaient très chargées (35 à 40 élèves) mais les instituteurs, très rigoureux pour la discipline, avaient une tenue très stricte, une autorité naturelle et une prestance respectées par tous. Il n’y avait aucun laisser-aller.

Les parents d’élèves étaient, à de très rares exceptions, en parfait accord avec les instituteurs et institutrices, pour la discipline, le programme scolaire, les leçons à apprendre ou les devoirs à réaliser à la maison.
Par temps froid, dans la rue, nous portions tous un béret ou un passe-montagne, ou encore un grand cache-nez plié en deux et cousu sur une vingtaine de centimètres, celui-ci était enfilé comme un bonnet et les deux extrémités étaient nouées autour du cou.

Aux mains, des gants ou des moufles de laine, tricotés par la mère ou la grande sœur, très souvent avec de la laine détricotée d’un vieux pull-over. Rien ne se perdait. Certains enfilaient aux mains, des chaussettes. En ces moments là, les hivers étaient très rigoureux.
Toujours la pauvreté, la misère dans nos quartiers populaires.

On devait se découvrir en rencontrant une institutrice ou un instituteur ou encore au passage d’un convoi mortuaire. Et il y en avait bien souvent, se dirigeant vers la cimetière de La Madeleine. L’ordonnateur, à pieds, devant, le bicorne sur la tête, suivi du corbillard, tiré par des chevaux noirs puis par la famille et les amis. Si nous étions surpris le béret sur la tête, non découvert, le lendemain en classe, on avait droit à des remontrances et une punition écrite à faire un soir à l’école, en retenue, « collé » comme on disait.
Et ce n’était pas la peine d’aller se plaindre aux parents, l’instituteur avait toujours raison et nos parents abondaient dans son sens. Même après la sortie du primaire ou devenus jeunes adultes, nous restions très déférents envers nos anciens maîtres.

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