Je repris l’école en janvier 1945, mais comme je l’ai, déjà, signalé, nous allions en classe avec des horaires alternés, contraignants, soit le matin soit l’après-midi. Il ne faisait pas très chaud dans les classes, l’ambiance était déplorable et les conditions d’études difficiles.
Cela a duré plusieurs semaines ainsi, et comme j’avais été bien malade auparavant, et de santé toujours fragile, mes parents décidèrent que je devais quitter l’école pour l’instant afin de mieux me requinquer.
Par l’intermédiaire de la Croix Rouge, je devais partir (une nouvelle fois) en Suisse, en convalescence dans un autre préventorium au printemps 1945.
Mais il fallait que je sois baptisé. Je le fus, donc, en mars 1945. Mais je ne suivais pas de cours de catéchisme, alors je ne suis pas parti, car il m’aurait fallu un minimum de connaissances de la religion.
Ma marraine était une voisine, infirmière à l’hôpital, vivant avec sa mère à quelques maisons de chez nous. Mon parrain était un militaire réserviste, ancien marbrier du quartier pour lequel mon père avait travaillé avant la guerre, en lui construisant des caveaux funéraires au cimetière de la Madeleine à Amiens.
N’allant plus à l’école, pour l’instant, je devais suivre des cours de Français, de calcul, etc. Ces cours m’étaient donnés par la mère de ma marraine, qui avait été longtemps institutrice. Cette dernière ne me faisait pas de cadeaux, dictées, problèmes de calcul, lectures de petits textes, conjugaisons que sais-je encore ? Bref, un peu ce que j’aurais fait à l’école, sauf que là je n’avais pas de cours de sciences, d’histoire ou de géographie. J’allais chez elles deux ou trois fois par semaine mais j’avais des devoirs à faire et des leçons à apprendre, à la maison et ma mère veillait à ce que j’étudie comme si j’allais à l’école. Si bien, que je n’ai pas perdu grand chose, sauf dans certaines matières que je viens de citer plus haut.
Je repris l’école primaire en janvier 1946, en troisième (de l’époque) avec comme instituteur Monsieur Joly Ernest. Il était le frère de la cultivatrice qui nous avait accueilli à Talmas, à 15 kilomètres d’Amiens, au cours de l’exode de 1940.
Cela faisait, prés de 2 ans que je n’étais pas allé, vraiment, à l’école de Saint Maurice.
J’ai fini cette scolarité 1945/1946 sans problème et je passais en « seconde » en octobre 1946 dans la classe de Monsieur Hénaut, pour un mois seulement. Ce dernier était petit, environ 1m55, passionné de football et de pêche à la ligne.
Une nouvelle fois, je tombais gravement malade. Encéphalite. Je tombais dans le coma, pendant une quinzaine de jours puis cela s’arrangea grâce à des injections de la toute nouvelle pénicilline.
Au début de ma convalescence, j’avais un très sévère strabisme et je me tenais de travers, la bouche était déformée, mais au fur et à mesure tout se débloqua et redevint normal.
Bien sûr, ce ne sont pas vraiment des souvenirs de mon école primaire, mais la guerre, et les maladies ont influencé toute ma scolarité.
Je n’avais pas le droit de faire de sport et je n’ai jamais passé le « Brevet Sportif »
Heureusement, je nageais très bien. Je n’ai jamais appris. Vers 3 ou 4 ans, mon père m’avait mis à l’eau dans le canal et j’ai barboté, de suite, seul. Mais, mes parents n’aimaient pas beaucoup que je n’aille nager de peur que j’eus froid et que je tombe de nouveau malade.
Mais pour moi, c’était un dérivatif, alors quand, j’arrivais à me sauver, j’allais me baigner seul, dans le canal, à proximité. Ma mère ne devait pas être dupe de mes petites escapades.
L’eau de la rivière et du canal, en ces moments là, était très propre, pas comme actuellement.
mercredi 22 avril 2009
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