A la fin de juin 1949 nous sommes allés passer les épreuves du Certificat d’Etudes dans une école de Saint Pierre.
Il y avait plusieurs écoles des quartiers périphériques, dont Longpré les Amiens.
Naturellement, départ en groupe de l’école Zamenhoff, à pieds, bien sûr.
Au début des épreuves j’étais un peu angoissé, mais par la suite, je fus plus à l’aise. Il faut bien l’avouer nous n’avions que 14 ans et nous n’étions pas dans notre environnement, dans notre école. On pourrait dire que les élèves de Saint Pierre, pour cela, étaient un peu plus avantagés, étant dans leur milieu. Bien que je connaissais un peu cette angoisse, pour avoir passé des examens pour rentrer dans deux écoles secondaires, SNCF et Ecole Industrielle.
Avec un copain, de toute ma scolarité primaire, Gérard Caillouet, au lieu de revenir chez nous entre 12 et 14 heures, à pieds, pour déjeuner, nous avions pris un casse-croûte et des fruits. Nous sommes allés déjeuner dans un petit bistrot, situé presque en face de l’école, Saint Pierre, tenu par une vieille dame , sympa au possible. Ce bistrot est aujourd’hui disparu.
Après les épreuves classiques, des cours déjà suivis à l’école Saint Maurice, Dictée, calcul, rédaction, interrogations écrites de géographie, d’ histoire, de sciences, de dessin ( un croquis du mécanisme de la balance Roberval, de mémoire, sans modèle ), nous avions les récitations et les chants appris pour la circonstance, je le rappelle, ce n’étaient que des chants patriotiques.
Heureusement, pour moi, les épreuves de chant furent annulées. Ce fut, heureux pour moi, mais aussi, pour les oreilles des examinateurs. Car je chantais et chante, toujours, aussi faux, aussi mal. Pire que n’importe qui !
Quant aux récitations classiques, telles que « Le corbeau et le renard » « Le laboureur et ses enfants » « Le renard et la cigogne » , etc. Nous avions aussi, « La chèvre de Monsieur Séguin » plus de 3 pages.
Par un effet de malchance, c’est celle-ci que j’ai écopé, bien sûr.
Heureusement ce fut très court, les examinateurs écoutaient à peine ce que je tentais de réciter
Enfin cela ne s’est pas trop mal passé.
En fin d’après-midi, attente des résultats dans la cour.
Alors là, séquence émotion, à la lecture des résultats. Reçu ! OUF !
Quel retour à la maison pour annoncer, le bon résultat à mes parents, avant de retourner me coucher, dans ma pension, à proximité.
Nous ne pensions pas, nous ne nous rendions peu compte que c’était un passage dans une autre vie. Que nous allions quitter les copains, bons ou moins bons, chacun prenant un autre chemin, se dirigeant vers un autre destin, un autre horizon. Que c’est bien dit !
Je n’avais, jamais, envisagé en ce moment là, toutes les épreuves que j’allais subir dans les 9 ou 10 années qui allaient suivre.
samedi 4 avril 2009
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