jeudi 2 avril 2009

J’étais frigorifié

J’étais frigorifié, gelé mais je pus rentrer chez moi et ma mère arriva peu après.
Je me rappelle avoir pris une fessée et une engueulade mémorable, méritées, pour m’être sauvé et avec la peur rétrospective de ma mère.
Je repartis avec ma mère pour remettre de l’ordre, chez ce vieux couple. Quel déballage ! Quel fouillis !
Peu de jours avant, le soir de Noël, des résistants avaient fait exploser une bombe, contre les fenêtres d’un bar- restaurant-dancing, « Le Royal » situé à l’emplacement actuel du magasin de chaussures « André » rue des 3 Cailloux.
Ce restaurant-dancing servait , beaucoup, aux officiers Allemands pour se distraire.
Suite à cet attentat, les services de police, Français et Allemands, recherchaient les auteurs de cet attentat et des listes de résistants ou des indices pour les identifier.

Ma voisine, Simone Laurent, son neveu Louis Bixel, et une autre personne, un homme surnommé « Bouboule » travaillaient au « Royal » et furent, avec d’autres personnes arrêtées et emprisonnées à la prison d’Amiens.
Après enquête, ils furent tous relâchés au bout de 48 heures.

Selon les dires des FTP, il y aurait eu 35 morts

Les Allemands avaient proclamé :
S’il y a un mort Allemand, nous fusillerons 10 otages Français.
Et il n’y eut pas d’otage fusillé car il n’y eut aucun officier Allemand tué, dans l’explosion. Seules des « souris grises », auxiliaires féminines Allemandes, se maquillant au sous-sol, furent légèrement blessées.
C’est ainsi que l’on falsifie l’Histoire !

Tels, les 75.000 fusillés, déplorés par le Parti Communiste, pendant toute la guerre , alors que cela est prouvé et démontré par les historiens que les Allemands fusillèrent, environ, 26.000 personnes en France. Il y eut, à Amiens, 37 fusillés, environ, à la Citadelle.

Mon voisin, Georges Laurent, un dur, avait fait toute la guerre 1914/1918, dans les Corps Francs. Il avait accroché, au dessus de sa cheminée, le tableau représentant les plénipotentiaires, Anglais, Allemands, Français, lors de la Signature de l’Armistice dans le Wagon à Rethondes prés de Compiègne, le 11 novembre 1918.

Au cours de la perquisition chez ce voisin, le même, grand officier Allemand du bistrot, est resté planté devant le tableau, et ne fit aucun commentaire. Il repartit sans avoir touché à ce tableau commémoratif.
C’est à la suite d’une dénonciation, fausse évidemment, d’un « collabo » du quartier, que ces perquisitions eurent lieu et sans aucun résultat.
Le « collabo » habitait dans une remorque de nomade, près du cimetière de La Madeleine. Lui même et son épouse furent fusillés juste après la Libération, au début du mois de septembre 1944.
A l’origine, le café-bistrot était situé sur le coin opposé, en face, à droite, mais il fut démoli en 1940, et ne fut reconstruit que vers les années 1955 ou 1956.
En attendant sa reconstruction, le commerce fut aménagé dans un baraquement provisoire construit en 1941 sur le coin de la rue, en face. Baraquement, provisoire, qui existe toujours en 2008.

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