samedi 25 avril 2009

Nos galères !

Une cuillerée d’huile de foie de morue, ( que c’était dégueulasse ) tous les matins, pendant l’hiver et de ces pastilles roses de « vitamines » aussi tous les matins. Qu’est-ce que c’était ?

Que valaient-elles ? Nous ne l’avons jamais su !

Un livre de calcul ou de grammaire ou encore d’histoire ou de géographie, de sciences pour deux élèves pendant une demi-semaine chacun. Je me souviens, très vaguement, de brouillons écrits sur de vieilles enveloppes récupérées et ouvertes, pour écrire sur l’envers.

Rappelez vous ces fameux poêles « colonnes » Godin, que les élèves des classes de fin d’études primaires, devaient deux par deux, à tour de rôle, allumer avant l’arrivée des autres élèves dans les différentes classes.

Il fallait ramasser le papier jeté par les copains, ou en apporter, dans la mesure du possible, ainsi que du petit bois pour lancer le feu avant d’y mettre le charbon, que nous devions aller chercher dans la réserve au fond de la cour. Et le lendemain, il fallait nettoyer ces fameux poêles, vider les cendres de la veille, avant de l’allumer de nouveau.

Rappelez vous, ces urinoirs en plaques d’ardoises et ces waters, avec une porte basse, ouverts à tout vent. Aussi l’hiver nous n’y stationnions pas très longtemps. Quant au journal, tel que « Le Progrès de la Somme » vous vous doutez de l’usage que nous en faisions. Et ce n’était pas du « Moltonel » en trois épaisseurs.

Pendant la guerre, il y avait, déjà, le problème des poux et nous n’avions pas les produits de traitement, actuels, certainement plus efficaces. Aussi les têtes des gosses, les plus infestées, étaient saupoudrées de « Marie Rose » par les infirmières et les médecins visitant les écoles maternelles et primaires. Mais, nous avions tous, plus ou moins de poux.
Pour tous, c’était un vrai supplice de se faire gratter, fermement le crâne, par notre mère, avec un peigne à denture très fine, pour décrocher les larves de poux, appelées, Lentes
Heureusement, la plupart des enfants avaient les cheveux assez courts. Après deux ou trois séances de grattage, par semaine, nous avions la peau du crâne en « feu ».

Dans un quartier, pauvre, populaire tel celui de Saint Maurice, avec des familles nombreuses aux revenus très modestes, il était très onéreux pour certains d’aller chez le coiffeur. Aussi, un coiffeur, rétribué par la Ville d’Amiens, était chargé d’officier sur ces têtes de gosses. Le résultat n’était guère flatteur. « Boule à Zéro »
C’étaient les institutrices et les instituteurs qui désignaient les « suppliciés »

Et la revue des mains et des ongles. Suprême honte d’être obligé de se nettoyer les ongles devant les copains, et il y avait du monde qui n’avait pas eu recours aux soins maternels, alors c’était tout simplement… Nettoyage pour tous.



La destruction du pont Cagnard par les Allemands, le 31 août 1944, pour protéger leur fuite avait provoqué d’énormes dégâts aux écoles, maternelle et primaire, toutes proches.
Les filles de cette école primaire, venaient à l’école des garçons Zamenhof, soit le matin, soit l’après-midi ,6 jours sur 7, de 7 à 13 heures le matin, ou de 13 à 19 heures l’après-midi.

Il fallait apporter un casse-croûte pour collationner au cours d’une récréation.
Cette forme d’horaires pour les garçons et les filles dura plusieurs mois. Il inutile de dire qu’il ne fallait rien laisser dans les pupitres, tels livres, cahiers petites fournitures, etc. car le lendemain tout était disparu. Je reparlerais de cette période par la suite.

Après la guerre, les classes de fin d’études pour le fameux Certificat, étaient très dures car nous avions été perturbés dans nos scolarités à la suite des événements que l’on connaît.

Les programmes étaient très chargés et il fallait mettre les bouchées doubles.

Après les cérémonies, telles que les cérémonies du 11 novembre, foires-expositions, cirque ou cinéma pour les fêtes de fin d’année, dans les 2 ou 3 années avant le certificat d’études, nous avions le lendemain ou dans les jours suivants, une rédaction à rédiger sur le sujet.

Indépendamment du texte qu’il fallait imaginer, il ne fallait pas ou peu de fautes de Français ou d’accents dans la rédaction.

Un élève de ma scolarité de 1948/1949 Roger Marguillier, rédigeait des rédactions du tonnerre, de petits chefs d’œuvre. A chaque fois, l’instituteur lui demandait de nous lire à haute voix sa rédaction. J’avais une certaine admiration pour les textes de ce copain, car il avait un don de narration et d’écriture extraordinaires.

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