mercredi 29 avril 2009

Mes souvenirs...

Mes souvenirs ne remontent, guère, qu’à l’année 1939, à l’époque de la déclaration de la guerre des Alliés à l’Allemagne Nazie.

Les habitants s’étaient regroupés devant les affiches apposées sur les murs de l’école Cagnard et à la lecture de celles-ci, des femmes pleuraient. C’est un mauvais souvenir.

Je me souviens, un peu de notre dernière année de maternelle, mais c’est très flou, nous nous rendions, à l’école, chacun avec un masque à gaz. Les enfants, comme les adultes, étaient tenus à avoir un masque à gaz à portée de la main. Ceux pour adultes étaient en toile imperméabilisée et ceux pour nous, les gosses, étaient en caoutchouc. Sa boite, en métal, pour le transporter était assez haute et lourde. Ma mère, couturière, m’avait confectionné un sac de toile, genre musette, plus léger et plus pratique pour porter ce masque en bandoulière.

Les parents ou autres accompagnateurs d’enfants en bas âge, portaient le masque, en même temps que le leur, mais dans la cour de récréation, les enfants devaient avoir leur masque à portée de la main.
Ce masque, je l’ai gardé, bien longtemps après la guerre, je l’avais trafiqué pour en faire un « tuba ». Dans le canal de la Somme, lors de baignades, j’ai bien souvent bu la « tasse » avec ce masque trafiqué.

A l’exode, nous sommes partis, le 19 Mai 1940, le long du canal de la Somme en suivant le fleuve jusqu’à Ailly sur Somme, En se retournant, on voyait le ciel rougeoyant au dessus d’Amiens en feu. Puis nous nous sommes arrêtés de nombreux jours, à Saint Sauveur avant de fuir vers Bertangles, puis vers Talmas où nous avons séjourné le reste de l’exode, jusqu’à notre retour vers Amiens.

Je repris en école primaire, en classe de préparatoire avec Mademoiselle Devillers dans le courant de la scolarité de 1939/ 1940, mais à quel moment je ne saurais le dire. Est-ce au mois d’octobre ou plus tard ?

L’année suivante, la reconstruction de la partie ouest de l’école, démolie par les bombardements de 1940 nous obligea à déménager pendant les travaux au cours de la scolarité de 1941/1942, c’est à dire la troisième classe au fond du couloir, du premier étage, le cours élémentaire de première année avec Madame Humez.
Le mur, séparant la cour de l’école et la cour du patronage catholique, fut percé au milieu des urinoirs pour y installer une porte provisoire. Cette porte, nous l’empruntions pour nous rendre en classe dans une pièce-vestiaire de la salle paroissiale. Et cela a duré un long moment, le temps que l’aile ouest de l’école soit reconstruite.

A Saint Maurice, avec l’afflux des sinistrés des quartiers Saint Jacques, Saint Leu, et Saint Germain, ainsi que le retour d’exode de la population, il fallut construire , à partir de 1941, des cités d’urgence, avec des matériaux de récupération des démolitions engendrées par les bombardements et les tirs d’artillerie Allemands, de Mai 1940.

Sur la place du quartier, en haut de la rue de la Falaise et sur le stade de Saint Maurice, maintenant sur tout l’emplacement de la Résidence « La Pépinière », il fut construit « l’Ilot de Saint Maurice » avec des briques de récupération, enduites de ciment.

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