mercredi 8 avril 2009

Après la guerre

Aussitôt après la guerre, il n’y avait pas de centre de loisirs, dans les quartiers, pour s’occuper des jeunes enfants, le jeudi ou pendant les vacances scolaires.
Aussi, les enfants avaient la possibilité de fréquenter un des trois patronages du quartier Saint Maurice.
Un, catholique, rue Bizet, pour les filles, chez les Sœurs de Saint Vincent de Paul.
Un, lui aussi, catholique, pour les garçons. Ce patronage était à l’emplacement des « Télécoms » actuels, mais l’entrée se faisait au 18 rue Saint Maurice
Et enfin un patronage mixte, laïque, rue Cagnard, dans l’école des filles. Dans cette école, il y a un très grand préau, couvert et fermé.
Ce patronage laïque, mixte, occupait les enfants pour des vacances scolaires de juillet, août et septembre. Avec quelques surveillants (hommes et femmes) il était dirigé par Monsieur Bec.
J’y suis allé peu. Ce que je n’aimais pas, quand j’y allais, c’était l’appel, 4 fois par jour
Après la guerre, il y avait, aussi, des colonies de vacances, académiques, municipales ou d’entreprises. Criel, Fort Mahon, Dury, Monsures, etc.
Ces colonies étaient, relativement chères, pour les enfants « uniques », beaucoup moins pour les familles nombreuses.

Au cours des scolarités 1947/48 et 1948/49 notre instituteur, Joly Ernest, quoique très sévère, fit beaucoup de bien pour les familles du quartier Saint Maurice.
Il écrivit à de nombreuses ambassades étrangères à Paris, ainsi qu’à des ambassades Françaises à l’étranger, dans les pays n’ayant pas souffert de la guerre sur leur territoire, la Suisse, la Suède, etc. et dans des pays, amis de la France, Canada, Etats Unis, Australie…..
Notre instituteur demandait des aides pour les élèves des deux écoles (filles et garçons) de Saint Maurice, car celles-ci avaient accueilli beaucoup d’élèves déplacés.
Les aides, les dons arrivèrent par centaines de kilos, je n’ose pas dire par tonnes.
Conserves de lait en poudre.
De grandes boites de fromages divers
De la confiture en boites
Des œufs en poudre.
Des boites de conserve de toutes sortes
Des vêtements chauds, surtout ( pulls, cache-nez , bonnets, chaussettes etc. )
Chaque classe (garçons ou filles ) ou chaque famille reçut, ainsi, plusieurs colis.
Cela fut un bien pour tous, car les temps de rationnement étaient durs pour chacun, après la guerre dans notre quartier et cela dura bien longtemps.
Un lingot d’argent fut même, offert à l’école par un généreux donateur Suisse, Monsieur Schaërer, (J’espère avoir bien orthographié ce nom)
Ce dernier fut invité, avec honneur, par la Municipalité Amiénoise de ces moments là, pour le remercier de tous ses dons.
Dés la première année, à tous ceux qui nous avaient aidé par leurs dons, nous nous devions de les remercier chaleureusement.
L’instituteur avait écrit divers modèles de lettres de remerciements et j’étais chargé de les recopier selon ses indications.
A l’époque j’avais une assez belle écriture, à la plume. J’en ai passé des heures à recopier ces lettres, mais j’avais encore toute l’année suivante à rester dans cette classe de fin d’études, jusqu’aux épreuves du Certificat d’Etudes.
L’année suivante, ce ne fut plus moi qui écrivit ces lettres de remerciements, mais un copain de la classe, Marc Routier, qui avait un bon coup de crayon, dessina plusieurs fois notre école, et la Cathédrale d’Amiens. Ces dessins furent joints à certaines lettres de remerciements, aux généreux donateurs.

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