Le reste de ma scolarité 1946/1947 se passa normalement avec cet instituteur Monsieur Hénaut. Il avait réussi à percer un trou de 2 cms de diamètre dans le mur ( de 40 cms d’épaisseur ) et regardait dans la classe voisine, l’institutrice, Mademoiselle Devillers qui enseignait le cours préparatoire. Ils se glissaient des mots doux par ce trou. Lui même, étant divorcé, ils se marièrent peu de temps après. Monsieur Hénaut nous disait souvent :
-Vous verrez, l’année prochaine, chez le « patron », vous allez vous faire dresser !
Le « patron » était le directeur Monsieur Homet, qui enseignait dans la classe de fin d’études pour le Certificat d’Etudes, dite la Première. Ceux, devant « monter » avec ce dernier, n’étaient pas très fiers, très sûrs d’eux.
Chance ou malchance, je montais dans cette classe de fin d’études, en octobre 1947 et j’y retrouvais Monsieur Joly Ernest qui passait de la troisième à la première classe et j’ai fini mes deux dernières années avec celui-ci, jusqu’à mon Certificat d’Etudes. Le directeur Monsieur Homet n’assurant plus que les fonctions directoriales et ne donnait plus de cours.
Nous ne passions le Certificat d’Etudes que dans l’année de nos quatorze ans, ce qui était une erreur, surtout pour ceux ( ou celles ) natifs du début de l’année, comme moi.
Mes parents me jugeant un peu faible, un peu en retard dans le programme, ( et peut être pour m’occuper un peu ) me firent donner des cours pendant les vacances d’été de 1948, par Joly Ernest, à son domicile, Passage Strock. Je n’étais pas seul.
Nous étions trois, Jacques Niopel, Serge Toso et moi même. En plus des cours, nous avions des exercices à faire à la maison et pour moi, des leçons à apprendre d’histoire, de géographie, de sciences, pour me remettre au niveau des classes de fin d’études.
Je connaissais, déjà, Serge Toso de l’école Saint Maurice, mais Jacques Niopel, arrivé depuis peu avec nous, « monta » en classe de fin d’études avec moi, et nous avons fini notre dernière année de primaire et passer notre fameux Certificat d’Etudes, ensemble.
Nous avons, naturellement, fait notre voyage de fin d’études à Paris avec le groupe. En cours, Jacques Niopel partait, très souvent vers 17 heures pour suivre des cours de musique au conservatoire dont il devint, par la suite, l’un des professeurs. Je crois me souvenir que sa marraine vendait des pianos dans le centre de la ville.
Je me souviens qu’en cours, Jacques mettait des manchettes de tissu noir sur ses avant-bras pour se protéger.
Ah ! Cette fameuse encre violette, dans son encrier en porcelaine, dans lequel nous faisions tremper des hannetons vivants. Posés sur une feuille de papier, ils faisaient de curieuses arabesques. Même chose pour les civelles, attrapées dans la rivière prés de l’école.
Il ne fallait pas se faire pincer par le magister. C’était la punition assurée.
Au milieu de la semaine, nous avions la journée complète du jeudi, en repos, alors que c’est le mercredi actuellement, mais nous allions en classe tous les samedis, toute la journée et cela jusqu’à 17 heures.
mardi 21 avril 2009
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