Les mêmes maisons furent construites, sur le terre-plein de la rue Jean Jaurés, à la Hotoie, ainsi que sur la partie comprise entre le boulevard Faidherbe et le boulevard Garibaldi, à l’emplacement du grand parking actuel.
Dans un champ, dans la partie comprise entre la rue Emile Lesot et le Chemin de la Folie (aujourd’hui la rue de l’Abbé Hénocque), on construisit une cité en planches, peintes au Carbonyl, d’où son surnom de Village Noir.
Beaucoup plus tard, après la Libération de la France par les Alliés, vers 1945 ou 1946, les Etats Unis ont fourni des maisons, préfabriquées, en « kit » Elles furent installées sur les emplacements actuels du Foyer de l’Enfance et du parking de l’hôpital Nord de chaque côté de la rue Zamenhoff. Deux rues y furent créées, rue Gérard Magnier et rue Robert Maréchal. Ils étaient tous deux résistants, contre l’occupant Allemand, au cours de la dernière guerre, le premier cité est mort en déportation et le second fut fusillé, fin août 1944, juste avant la Libération d’Amiens. Les deux rues citées ci- dessus, sont, maintenant totalement, disparues
Dans le préau de l’école Zamenhoff, il fut créé deux nouvelles salles de classe supplémentaires, pour faire face à l’afflux d’enfants des cités d’urgence. Le bureau de vote, dans lequel nous votons, est l’une des salles, avec celle de droite, qui furent installées dans ce préau.
On avait atteint un total de 10 classes dans l’école Zamenhoff et il avait, également 10 classes dans l’école des filles rue Cagnard. A l’époque, il n’y avait pas encore la mixité.
Ces classes, nouvellement créées, furent dirigées entre-autres par Messieurs Joly Ernest, Demolliens, Poignant, il y en eut, certainement d’autres mais je ne m’en rappelle plus.
Ce fut dans cette période que fut creusé un abri-souterrain dans la cour. Nous allions nous ébattre pendant les récréations dans la cour du patronage catholique, aujourd’hui à l’emplacement des bâtiments des Télécoms.
Une partie de nos scolarités de 1943 et 1944 se passa dans cet abri de secours pendant les attaques aériennes et les bombardements, c’était un moment privilégié pour apprendre nos leçons ou nos récitations.
Tous les élèves ne descendaient pas dans l’abri, pendant les alertes, des parents n’acceptant pas que leurs enfants descendent dans les abris, le danger était partout le même, ces élèves étaient regroupés dans une seule classe en attendant la fin de l’alerte. J’étais parmi ceux-ci. Nous n’étions pas conscients du danger, s’il y en avait un. Et c’était plus facile pour apprendre nos leçons ou récitations, plutôt que dans cet abri inconfortable, à la lumière incertaine de quelques ampoules électriques.
Par ailleurs, juste devant l’école primaire, plusieurs maisons, entre les numéros 3 et 15 de la rue Saint Maurice, furent bombardées et démolies en 1940. Complètement rasées, les décombres enlevés, il ne restait plus que les caves voûtées, en briques, encore accessibles par des escaliers, eux aussi, en briques. Beaucoup de riverains y jetaient toutes sortes de détritus.
En avance, avant la rentrée en classe, nous y jouions, dedans, au risque de s’y blesser, si les voûtes s’étaient écroulées.
mardi 28 avril 2009
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